Commande ou pas commande ?

 

C’est plus fort que moi, je m’arc-boutte contre le mot.

J’entends hiérarchie, j’entends délais, j’entends « attente ». Souvent déçue. Rarement comblée.

Je préfère collaborer. On pourrait m’opposer que je joue sur les mots.

Mais voilà : collaborer nécessite un désir réciproque. Voilà ce que j’en pense.

Et puis collaborer serait se trouver au bon endroit au bon moment, ensemble.

Il y a bien quelque chose d’un peu magique – comme une belle histoire.

Parce que c’était elle, parce que c’était lui. Vice versa et toutes les variations possibles.

Commander, pour moi, c’est un peu tenter de  conjurer «  le risque ».

Et pourtant …

Quand je ne suis plus d’accord avec moi-même, je me dis :

La Chapelle Sixtine ? Une commande.

Je me dis : il faudrait accepter que la commande porte, tout comme la traduction, sa part de trahison. Et que c’est peut-être quelque chose qui la sauve ? Une malédiction joyeuse.

Peut-être qu’au fond, n’est-ce pas la commande qui compte, mais le commanditaire ?

Muriel Sapinho - avril 2021